Perspectives de la médecine nucléaire : la fiabilité avérée de la chaîne d'approvisionnement en molybdène 99 et les nouvelles capacités prévues continuent de profiter aux patients

Date

9 novembre 2022

Type de média

Communiqués de presse

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Une chaîne d'approvisionnement solide pour l'avenir malgré des pénuries à court terme

  • Les mesures mises en place permettent de minimiser l'impact de la pénurie de molybdène 99 à court terme
  • Plus de dix ans de résilience de la chaîne d'approvisionnement en Mo-99
  • Coopération, investissements et modernisation des installations au profit des patients

(Paris – 8 novembre 2022) – Face à la pénurie de molybdène-99 (Mo-99) à laquelle est confrontée la communauté de la médecine nucléaire en novembre 2022, les principales installations de traitement et les principaux réacteurs mondiaux confirment les détails de leurs plans visant à continuer de prendre en charge les 40 millions de patients qui, chaque année, subissent des examens SPECT à base de technétium-99m (Tc-99m) pour diagnostiquer des maladies mettant leur vie en danger. Cette pénurie aura également des répercussions sur le xénon-133 (Xe-133) et, dans une certaine mesure, sur l’iode-131 (I-131).

Malgré les programmes rigoureux de sécurité de la chaîne d'approvisionnement mis en place par le secteur, la pénurie observée en novembre résulte d'arrêts planifiés et de programmes de maintenance imprévus dans certaines installations, qui se sont malheureusement chevauchés au cours de ce mois. Afin de pallier cette pénurie anticipée, plusieurs mesures sont actuellement mises en œuvre dans les installations de traitement et les réacteurs afin de limiter au maximum les perturbations pour les patients, notamment :

  • Le NTP, qui procède actuellement à l'irradiation de cibles au réacteur SAFARI, a renforcé ses capacités afin de porter la production à son niveau maximal. Par ailleurs, le réacteur SAFARI a reporté d'une semaine sa maintenance prévue en novembre.
  • ANSTO, dont le réacteur OPAL a redémarré comme prévu le5 novembre 2022, va optimiser sa production hebdomadaire vers la fin de la semaine 45
  • Le réacteur LVR-15, qui fait actuellement l'objet de travaux de maintenance, redémarrera avec 10 jours d'avance, le 18 novembre, pour un cycle prolongé
  • Le réacteur HFR, qui fait actuellement l'objet de travaux de maintenance, devrait redémarrerle 24 novembre ; les responsables étudient actuellement la possibilité de le remettre en service quelques jours plus tôt.
  • Le réacteur BR2, en Belgique, a subi une défaillance mécanique, et les enquêtes en cours ont repoussé la date de redémarrage du réacteur au17 novembre au plus tôt.

Initiatives en matière de sécurité d'approvisionnement

Les exploitants des réacteurs sur lesquels s'appuie la communauté de la médecine nucléaire pour la production de radionucléides médicaux et de processeurs de Mo-99 se réunissent régulièrement sous l'égide de Nuclear Medicine Europe afin de coordonner la planification des plannings d'exploitation des réacteurs. Si cette planification garantit la meilleure couverture possible pour une production fiable de ces radionucléides, elle ne permet toutefois pas de prévoir les arrêts imprévus. Elle contribue également à maintenir une capacité de réserve disponible tout au long de l'année.

Cette pénurie de Mo-99 fait suite à plus de dix ans de résilience de la chaîne d’approvisionnement en Mo-99, marqués par la mise en place d’initiatives à long terme et d’investissements visant à garantir un approvisionnement fiable en Mo-99 pour les hôpitaux et les pharmacies nucléaires – au service, en fin de compte, des patients en attente d’un diagnostic. Ces initiatives comprennent notamment :

  • Ces dernières années, environ 400 millions d'euros ont été investis dans la modernisation des installations de réacteurs de recherche nucléaire existantes en Europe, en Australie, en Afrique du Sud et en Argentine, notamment pour l'installation de nouveaux équipements destinés à l'irradiation de cibles de Mo-99
  • Des améliorations majeures et des programmes visant à renforcer la fiabilité ont été et continuent d'être mis en œuvre chaque année dans chaque réacteur et dans chaque installation de production de molybdène, dans le cadre de programmes de maintenance planifiés et coordonnés, garantissant ainsi :
    • Niveaux de fiabilité élevés
    • Redondance de l'approvisionnement tout au long de l'année
  • La pénurie actuelle en est la preuve : MARIA, HFR et LVR-15 vont faire l'objet de programmes de modernisation majeurs dans les semaines à venir, et les redondances structurelles intégrées à la chaîne d'approvisionnement n'ont pas pu être mises en œuvre dans ce cas très particulier.

Historique de la fiabilité de l'approvisionnement en Mo-99

Ces initiatives à long terme ont contribué à la solidité de la chaîne d'approvisionnement et à la fiabilité de l'approvisionnement en Mo-99 au cours des dix dernières années, comme en témoignent les éléments suivants :

  • La transition des cibles d'uranium hautement enrichi (HEU) vers celles d'uranium faiblement enrichi (LEU) est sur le point d'être achevée pour tous les installations de traitement du Mo-99, et n'a pas eu d'incidence sur l'approvisionnement ni sur la capacité de production, malgré des rendements en baisse.
  • Le Mo-99 a été livré avec succès à tous les principaux fabricants de générateurs de Tc-99m tout au long de la crise du COVID, y compris au cours des deuxième et troisième trimestres de 2020, malgré les contraintes importantes et la baisse des capacités de fret aérien.
  • Les réacteurs ont également irradié des cibles d'uranium avec un taux de disponibilité (nombre de jours de fonctionnement effectif par rapport au nombre de jours prévus) supérieur à 95 %, c'est-à-dire sans que les arrêts imprévus aient eu d'impact significatif.
  • Tout au long de cette période de dix ans, la fiabilité de l'approvisionnement en Mo-99 a été largement supérieure à 95 %.

Capacité supplémentaire prévue des réacteurs

Les acteurs actuels du secteur sont bien placés pour répondre de manière fiable aux besoins des patients à long terme, malgré les problèmes d'approvisionnement prévus au cours des prochaines semaines. La résilience de la chaîne d'approvisionnement actuelle en Mo-99 est encore renforcée par les capacités supplémentaires des réacteurs qui verront le jour dans les années à venir, créant ainsi une importante capacité de réserve :

  • De nouveaux réacteurs devraient entrer en service en Allemagne (FRM II) et en France (JHR) :
    • Le ministère d'État bavarois de l'Environnement et de la Protection des consommateurs a donné son accord pour la construction et l'exploitation d'une installation d'irradiation de cibles d'uranium au sein du site FRM II de Garching, en Allemagne (réacteur en service depuis 2005), ce qui permettra de couvrir une grande partie de la demande européenne.
  • Des investissements supplémentaires pouvant atteindre 3,5 à 4 milliards d'euros sont prévus ou à l'étude pour la construction de nouveaux réacteurs nucléaires de recherche aux Pays-Bas (PALLAS) et en Belgique (MYRRAH) au cours des 10 à 15 prochaines années :
    • Les Pays-Bas se sont engagés à financer le projet PALLAS (le ministère néerlandais de la Santé, des Affaires sociales et des Sports prévoit d'allouer 30 millions d'euros à ce projet cette année et 129 millions d'euros par an à partir de l'année prochaine, et ce pendant les dix prochaines années) en tant que réacteur de remplacement du HFR.
    • La Belgique a déjà mobilisé 558 millions d'euros pour le réacteur MYRRAH
  • L'Afrique du Sud prévoit de construire un nouveau réacteur au cours des dix prochaines années

Malgré la pénurie à court terme de Mo-99, la résilience avérée de la chaîne d’approvisionnement au cours des dix dernières années, la mise en service prévue de capacités supplémentaires de réacteurs et les mesures mises en place pour limiter au maximum les perturbations pour les patients témoignent, dans leur ensemble, de l’engagement des principales installations de traitement et des principaux réacteurs mondiaux à fournir du Mo-99 dans l’intérêt des patients.